Bem Vindo ao Rio de Janeiro!

Lorsqu’une ville, bien que mondialement connue, rassemble autant de qualités, elle ne peut que vous séduire. Avec ses plages dorées dont la seule évocation rappelle les années glorieuses du cinéma des années 40, ses collines verdoyantes qui offrent de superbes opportunités de balades et de panoramas à couper le souffle, son christ rédempteur qui, juché au sommet du Corcovado, domine la ville les bras grands ouverts, son « pain de sucre » qui n’attend que vous pour d’être dévoré à pleines dents, ses favelas colorées accrochées sur les collines environnantes, le tout bercé au son de la Samba et de la Bossa Nova; de jour comme de nuit, Rio est une ville envoûtante.

Je ne pensais y passer que trois jours, juste le temps de préparer mon voyage vers le sud du Brésil, mais c’était sans compter sur les merveilles qu’offrent cette ville et surtout sur l’hospitalité des brésiliens. Jour après jour, je reportai mon départ d’une nuit. Ce qui, chaque matin, me valait le même petit rituel où je libérai mon lit du dortoir de mon auberge pour en occuper un nouveau — pas forcément dans la même auberge —  dans l’après-midi ou au cours de la soirée, chaque fois convaincu que le lendemain serait la date du grand départ. Ça en été devenu un sujet de plaisanterie entre moi et les réceptionnistes,  au point que je me demandais vraiment si je quitterais jamais Rio.

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À peine arrivé, sous un soleil de plomb qui ne semblait jamais quitter le zénith, j’arpentai immédiatement les rues de Rio, à la découverte de mon quartier d’Ipanema, de celui de Leblon, de leurs plages respectives, pour finalement arriver sur la mythique plage de Copacabana. Trente kilomètres plus tard, et au terme d’une journée passée à marcher en Flip Flop et torse nu, c’est évidemment avec un coup de soleil sur les épaules et des cloques au pieds que je suis rentré à mon auberge aux murs tout colorés de rose fuchsias.

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Épuisé par ma journée, je passa la fin de ma soirée au bar de l’auberge puis retrouva bien volontiers mon lit. Les journées qui suivirent furent à l’image de la première car marcher à toujours été mon moyen de prédilection pour découvrir une ville. J’ai, dès lors, énormément marché et ma première surprise fut ce sentiment de sécurité qui m’apparaissait si incongru et pourtant tellement logique. Avant mon arrivée, on m’avait à maintes fois répété que Rio était une ville dangereuse, que s’y balader était périlleux, qui plus est, avec son téléphone portable ou son appareil photo en main, que les rues et les plages devaient être absolument évitées la nuit tombée. Après deux semaines passées à déambuler dans les rues de la ville, et même dans celles des favelas, je ne me suis jamais senti en insécurité, que du contraire: les cariocas sont joyeux, avenants et respectueux. Combien de fois, en rue, ne m’a-t-on pas salué d’un « Oi », d’un « Opa », d’un « Bon gia » ou d’un « Boa noite » ! De plus, ici comme partout en Europe et dans bien d’autres pays, tout le monde marche en regardant son téléphone portable plutôt que la route qui se trouve devant soi. Certes, oui, des vols ont lieu, principalement des vols de téléphone portable d’ailleurs, mais de tous les récits qui m’ont été relatés, tous se sont déroulés sans violence, et très largement sans que les dépossédés ne s’en rendent compte sur le moment même. L’éventuelle différence ici, est qu’il arrive, heureusement extrêmement rarement, que le larcin prenne des proportions dramatiques, qu’un couteau ou un revolver soit pointé vers vous. Mais même ici, si vous ne jouez pas au héros, il ne devrait rien vous arriver de grave. En outre, je reste convaincu que cela pourrait malheureusement arriver presque partout dans le monde, même en Europe. Alors, bien qu’à ce stade, je ne peux évidemment m’exprimer qu’à propos de Rio, et bien que le voyage ne fait bien-sûr que commencer, toujours est-il que jusqu’à présent, moi comme d’autres touristes avons trouvé que cette ville était des plus agréables et j’espère qu’il en sera ainsi tout au long de mon périple en Amérique du Sud.

Il n’aura vraiment pas fallu longtemps pour que je me fasse emporter par la frénésie de la ville et ses cariocas qui savent faire la fête comme nulles autres. Au deuxième soir de mon arrivée, le bartender de mon auberge, Claudio, me propose de me joindre à lui et à quelques autres résidents pour une sortie en ville, laquelle allait être précédée d’une petite pré-soirée sur notre lieu de villégiature. Je ne me fis évidemment pas prier. C’est ainsi que je fis la connaissance d’Alice, David, et de Claudio, tous trois brésiliens mais vivants chacun dans des villes différentes. Claudio, le bartender avait grandi à Rio. Il était le bon vivant de l’équipe, celui qui motive les troupes et les entraine dans le tourbillon de la nuit carioque. Il connaissait un nombre impressionnant de gens; partout où nous allions, il était chaleureusement salué, politesse à laquelle suivait généralement une poignée de mains et d’une accolade amicale. Alice et David avaient à peine 26 ans et étaient amis de très longues dates, près de 15 ans; sur la partie latérale extérieure de leur avant-bras droit était tatoué le mot « Freedom », en hommage à leur amitié et à leur vision de la vie. Alice est certainement l’une des plus charmantes et pétillantes jeunes femmes qu’il m’ait été donné de rencontrer à Rio de Janeiro et peut-être également dans ma vie. Son sourire étincelant d’une blancheur immaculée illuminait son visage à chaque instant. Elle ne cessait jamais de lancer ici et là, une petite blague, provoquant chez nous, des fous-rires à répétition. Dans sa ville natale, Carias do Sul, Alice travaillait dans le département marketing de la société Grendene, principale concurrente à l’indétrônable mastodonte de la tong de plage, Havaianas. Quant à David, un charmant jeune homme, un peu plus introverti mais non moins sympathique, il s’était installé à São Paulo et s’occupait de l’organisation des échanges linguistiques d’étudiants brésiliens. Peu après minuit et quelques verres de vin blanc que Claudio me servait généreusement, nous arrivâmes au Fosfobox, une boîte dont le rez-de-chaussée ressemble à un bar de plage situé dans la cour intérieure d’un cloître, lui-même niché au coeur d’un îlot de maisons. L’ambiance y était assez calme et détendue, mais en sous-sol, c’était l’effervescence. La salle d’une taille plus que respectable était recouverte du sol aux murs d’un damier noir et blanc mais dont les couleurs varient au rythme des spots fluorescents. Sur la piste, l’ambiance est électrique, la foule dense dansait à tout rompre et pour ma part, les Gin Tonic s’enchaînaient les uns derrière les autres, entrecoupés par les shots divers et variés offerts par Claudio. Plus tard, une jeune brésilienne m’aborda, on discuta de tout et de rien puis je lui expliquai la raison de ma présence à Rio et là, ce fut apparemment le « coup de foudre », puisque soudainement elle me demanda en mariage. On m’avait bien annoncé que dû à une disproportion importante entre le nombre de femmes et d’hommes, ces derniers étaient l’objet de toutes les convoitises de la part de la gente féminine, mais à ce point, je ne m’y étais vraiment pas attendu. La soirée se termina vers 3h30 du matin, j’avais passé un excellent moment avec mes nouveaux compagnons de sortie, je réalisa alors que j’étais à Rio de Janeiro depuis moins de 48 heures, et déjà, j’étais heureux et puis surtout j’avais reçu une demande en mariage ! Le voyage commençait sous les meilleurs augures ! 🙂

Et durant les deux semaines que dura mon séjour à Rio, ce ne fut que joie et allégresse, animées par les merveilleuses rencontres que je pus y faire car les cariocas mais plus largement les brésiliens et les Sud-Américains avec lesquels j’ai eu la chance de partager un moment de vie, ont tous été d’une gentillesse et d’une générosité dont je n’aurais jamais soupçonné l’ampleur.

Mais Rio, c’est aussi des lieux et des monuments emblématiques, incontournables, connus à travers le monde et une myriade d’activités qui vous font réaliser que cette ville n’a de cesse de vous étonner ! Un passage à Rio ne pouvait se faire sans rendre visite à son christ rédempteur et à son délicieux « Pain de Sucre », ni sans flâner sur ses plages ou sans effectuer l’ascension d’un de ses pitons offrant des panoramas époustouflants, tout comme je ne pouvais pas rater cette occasion unique de me promener dans ses favélas ou tout simplement autour de sa lagune Rodrigo de Freitas.