Situé dans le département de Huila, à mi-chemin entre les villes de Bogota et San Agustin, le désert semi-aride de Tatacoa impressionne par ses paysages surréalistes aux allures de termitières géantes creusées dans l’argile rouge et grise. La pluie des mois hivernaux érode profondément la roche jusqu’à former des canyons labyrinthiques, pouvant atteindre jusqu’à 20 mètres de profondeur. Les températures peuvent y atteindre 50°c lors de vagues de chaleur exceptionnelles. Néanmoins il fait souvent chaud, voire très chaud mais l’air étant souvent très sec, la chaleur y est tout à fait supportable voire agréable. N’oubliez pas de bien vous hydrater.

Dans les dédales de ces labyrinthes, ici rouge, gris là-bas, règne une quiétude que même le vent ne vient pas troubler. Ce havre de paix est l’un des cadres les plus surprenants du pays et s’y perdre est un plaisir.

Mais cet endroit incroyable est relativement éloigné du circuit classique suivit par la plupart des touristes. L’avantage est qu’on y a ce sentiment d’être seul au monde; en revanche, il faut s’armer de patience pour y parvenir.

Comment s’y rendre ?

Le passage obligé est la ville de Neiva qui se trouve à 38 km au sud du désert.

Il y a plusieurs options pour s’y rendre:

Depuis Bogota. 
Les bus quittent le terminal toute la journée (principalement tôt le matin, vers midi puis en fin d’après-midi) pour Neiva. Comptez cinq heures de trajet, pour environ 38 000 COP.

De Neiva, un minibus Cootranshuila vous conduira (lorsqu’il sera plein), selon votre préférence, directement au désert de Tatacoa (1h15 de trajet, 15 000 COP) ou à Villa Vieja (1h de trajet, 7000 COP), la dernière ville à l’entrée du désert.

Depuis Cali
Différentes compagnies desservent Neiva depuis Cali.

  • Boliviarano part tous les soirs à 20h30 depuis le terminal. Comptez minimum 50 000 COP pour les 10h de trajet.
  • De Neiva, un minibus Cootranshuila vous conduira (lorsqu’il sera plein), selon votre préférence, directement au désert de Tatacoa (1h15 de trajet, 15 000 COP) ou à Villa Vieja (1h de trajet, 7000 COP), la dernière ville à l’entrée du désert.

Depuis Popayán
Si vous arrivez depuis l’Equateur, vous pouvez vous arrêter à Popayán, la « cuidad blanca ». Depuis le terminal de bus, prenez un des minibus pour San-Agustín qui vaut aussi la peine de s’y arrêter. Comptez environ 5 heures de trajet pour 30 000 COP.

De San Agustín, vous pouvez soit prendre un minibus directement jusqu’à Neiva (5 heures de trajet, 30 000 COP) ou vous rendre d’abord à Pitalito (1h de trajet, 5000 COP) en taxi partagés (départs fréquents) pour ensuite prendre un minibus jusqu’à Neiva (4h de trajet, 20 000 COP).

De Neiva, un minibus Cootranshuila vous conduira (lorsqu’il sera plein), selon votre préférence, directement au désert de Tatacoa (1h15 de trajet, 15 000 COP) ou à Villa Vieja (1h de trajet, 7000 COP), la dernière ville à l’entrée du désert.

Où loger ?

Villavieja

Ce petit village aux portes du désert, où l’on se sent déjà un peu coupé du monde et du temps, offre plusieurs possibilités de logements. Particulièrement paisible durant la semaine, les villaviejos envahissent les bars et leurs terrasses dès le week-end arrivé, amoncelant les bouteilles de bières au rythme des musiques sud-américaines diffusées impétueusement.

Dunas Tatacoa
Cet établissement haut en couleur, situé un peu avant la ville, offre des nuitées en tente sur futons (simple 9€, double 18€) ou sur lits de camp (simple 12€, double 24€) avec ventilateur, serviettes de bain et de plage — pour la petite piscine dans laquelle il est agréable de faire trempette aux heures les plus chaudes de la journée.
Une charmante chambre avec deux lits doubles peut aussi être louée.
De plus, Guillermo et Yadira vous proposeront probablement de venir vous chercher à Neiva.

Hôtel Villa Paraiso
Avec son grand patio et sa piscine turquoise, cette grande maison de type coloniale est une excellente halte voire une agréable base arrière à l’orée du désert.

Le prix d’une chambre pour une personne est de 60.000 COP avec ventilateur, 70.000 COP avec l’air conditionné. Vous pouvez également y poser votre tente pour 30.000 COP.

Désert de Tatacoa

Noche de Saturno
Situé en face du désert « rouge », cette auberge familiale, probablement la plus connue du hameau, propose différentes options de logement.
Vous pouvez y installer votre tente ou louer une de leurs tentes. Il n’y a qu’une chambre réellement individuelle (20 000 COP/6€) mais les chambres double peuvent être aussi occupées en solo pour 40 000 COP (11,5€), au lieu des 60 000 COP (17€) normalement demandé pour un couple.

L’hostel dispose d’un restaurant où il est possible d’y prendre petit-déjeuner (6000 COP), déjeuner (10 000 COP), dîner (10 000 COP) — plats végétariens possible —, et d’un tout petit magasin où vous trouverez snacks et bières (3000 COP).

Petit bémol concernant la piscine qui bien que salvatrice, est entourée d’un haut grillage gâchant la vue.

Des visites guidées dans les déserts rouges et gris sont organisées depuis l’établissement.

Les bus et les « Tuc Tuc » venant ou allant à Villavieja s’arrêtent tous à la Noche de Saturno. Les gérants pourront même organiser votre retour vers Villavieja ou Neiva.

Que faire?

Désert rouge « Cusco ».

Difficulté : facile
Distance : 2,14 km
Durée : ~ 1h30

Avec ses falaises et ses formations d’argile ocre creusées par les rares averses, le désert rouge est l’attraction majeure à absolument ne pas rater.

Un chemin particulièrement (trop) bien balisé d’un peu plus de 2 kilomètres parcourt une large partie du site, passant tour à tour par les points d’intérêts principaux de la zone. Le départ du sentier qui forme une boucle se fait à gauche de l’épicerie qui fait face à l’auberge Estradero Donã Lilia ou depuis la « tienda » qui fait face à l’observatoire astronomique. Je vous conseille néanmoins de commencer par la première option afin de terminer par la vue spectaculaire sur la zone depuis le Mirador del Cusco.

Comptez environ 1h30 pour en faire le tour. N’hésitez pas à sortir des sentiers battus en suivant les tracés laissés par les chèvres qui paissent paisiblement quelques buissons.

Important :
Il est strictement interdit de grimper sur les formations de calcaire sous peine de très très lourdes amendes. Ces formations sont très friables et se désagrégeraient sous votre poids.
Vous voilà prévenus.

Désert gris « Estadero los Oyos »

Peut-être un peu moins impressionnant de par ses couleurs moins vives, le désert gris cendre n’en recèle pas moins de surprises. Recouvrant une surface plus étendue que son voisin, il présente notamment la particularité d’abriter une piscine (3000 COP) dont l’eau turquoise est issue d’une source qui jaillit dans le désert.

Outre les tours en pick-up ou en moto-taxi (50.000 à 60.000 COP pour 2-3 personnes l’aller-retour) qui ne sont généralement rien d’autre qu’un service de transport où l’on vous déposera à l’entrée du désert gris pour ensuite vous y récupérer quelques heures plus tard, différentes options s’offrent à vous.

La plus économique est bien entendu la marche. Comptez environ deux, trois heures pour chaque trajet. Il est toutefois généralement possible de revenir avec un véhicule motorisé.
La plus prisée est le vélo. Il vous en coûtera environ 15.000 COP pour une journée de location.
La plus originale sera probablement de vous y rendre en cheval (40.000 COP pour 4h de balade).

Ce désert n’en est en fait pas tout à fait un au sens stricte du terme. Entouré de toute part de montagnes, la zone semi-aride de 330 kilomètres carrés qui abrite une forêt tropicale sèche, constituée essentiellement de cactus, de pins parasols et de buissons, ne récolte annuellement qu’en moyenne 3 mm de précipitations. Mais des phénomènes tels que El Niño augmentent la pluviométrie de la région.

Observation des étoiles

De part ses conditions climatiques favorables, le désert de Tatacoa est un lieu propice à l’observation du ciel nocturne. On y compte deux observatoires astronomiques qui, chaque soir à 19h, proposent aux visiteurs (15.000 COP) une présentation des principaux objets célestes. Et à travers l’oculaire des télescopes, vous aurez peut-être la chance d’y voir les magnifiques anneaux de Saturne, les magnifiques mers et cratères de notre satellite naturel ou de somptueux amas d’étoiles tels que celui des Pléiades.

 

 

 

 

Notez tout de même qu’El Niño et son cortège de nuages peut sévèrement entraver l’observation du ciel. D’autre part, ne vous attendez pas non plus à un ciel exempt de pollution lumineuse, le désert étant entouré par Bogota (au nord), Neiva (au sud) et Cali (à l’ouest) dont les lumières sont franchement visibles voire incommodantes.
Ceci étant dit, les observations faites au télescopes n’en sont pas moins époustouflantes.

Goûtez la cuisine locale

Le plat typique de la région est la chèvre et son lait qui vous sera servit directement sorti du pi. Plusieurs établissements vous proposeront les différentes spécialités culinaires locales à base de viande et de lait de chèvre.

Le restaurant El Rincon del Cabrito, situé à la sortie du hameau, en direction du désert gris est probablement l’une des meilleures adresses.