Il arrive souvent qu’à l’aéroport, que ce soit à l’embarquement ou au contrôle douanier, on demande au vacancier de présenter un billet retour. Et nombreux sont les voyageurs insouciants ou mal informés qui, se sont vus refuser l’embarquement ou qui n’ont pas pu entrer sur le territoire du pays qu’ils désiraient visiter.

Le contrôle

Il peut se faire à la porte d’embarquement ou par les agents douaniers du pays dans lequel vous arrivez.
Les compagnies aériennes sont normalement tenues d’effectuer ce contrôle avant que vous n’embarquiez afin, notamment, de respecter ses engagements avec le pays mais aussi afin de ne pas prendre le risque de devoir vous rapatrier à ses frais.

Généralement, les agents de la compagnie aérienne ou douaniers s’attendent à ce que vous leur présentiez un vol retour — lequel doit avoir lieu au plus tard à la date d’échéance de votre autorisation de séjour — mais sauf exception un billet de continuité fera également l’affaire.

C’est quoi un billet de continuité ?

Il s’agit d’un billet de sortie du pays dans lequel vous voulez entrer vers un autre pays, pas nécessairement le pays d’où vous provenez, ni votre pays d’origine. Normalement il s’agit d’un billet d’avion, mais parfois une réservation d’un billet de train, de bateau ou de bus international sera acceptée.

Pourquoi ?

Les officiels veulent s’assurer que vous ne profiterez pas de votre authorisation de séjour touristique pour poser « définitivement » et illégalement vos valises dans le pays. Cela ne pose évidemment généralement aucun problème pour le vacancier annuel qui aura réservé directement un vol aller-retour; mais cela devient parfois un peu plus compliqué pour le voyageur à moyen ou long terme qui ne sait pas forcément ni combien de temps il va rester dans le pays, ni quelle sera sa prochaine destination. Et cela peut vraiment tourner au cauchemar, si  en plus vous ne souhaitez pas voyager en avion (que ce soit pour des raisons idéologiques, financières ou par phobie).

Que risque-t-on ?

Sans ce sésame, vous prenez le risque de ne pas pouvoir embarquer sur votre vol ou de vous voir refuser l’entrée du pays. Certains douaniers vous renverront illico sur le premier vol qui vous ramènera à votre pays de départ, ou vers n’importe quel autre pays, si pour une raison ou une autre, vous n’êtes pas autorisé à retourner dans le pays dont vous arrivez; quand d’autres douaniers vous intimeront d’acheter un billet d’avion retour sur le champ.

De manière générale, cette preuve de retour ou de continuité est beaucoup plus souvent demandée aux aéroports qu’aux douanes terrestres.

Est-ce que ca arrive souvent ?

Oui et non. La compagnie aérienne, pour les raisons expliquées précédemment, aura plus facilement tendance à demander cette preuve. Du côté des contrôles douaniers, ça reste relativement rare car bien que de nombreux pays annoncent exiger cette preuve, dans les faits, ce ne sont pas des contrôles systématiques, c’est même complètement aléatoire. Ca sera à la discretion de l’agent douanier. Or ça a beau ne pas être systématique, vous n’avez vraiment pas envie que cela vous arrive.

Les comportements

Afin d’éviter qu’on vous demande une preuve de continuité

Au check-in

  • Soyez discret et poli,
  • Arrivez à l’avance afin d’avoir le temps de réagir en cas de souci,
  • N’arrivez pas le dernier, un surbooking peut être la raison d’un excès de zèle du personnel d’embarquement,
  • N’ayez pas un vol retour qui excède votre autorisation de séjour dans le pays (même si le pays dans lequel vous voulez vous rendre n’est pas très regardant),

À la douane

  • Soyez discret et poli
  • Evitez les vols qui arrivent le matin, les agents douaniers sont généralement plus en forme et plus zélés,
  • Dites (si on vous le demande) que vous avez des revenus réguliers (salaires, rente, etc.) dans votre pays d’origine,
  • Dites (si on vous le demande) que vous avez suffisamment d’argent sur votre compte en banque,
  • Ayez une carte de crédit comme preuve de votre solvabilité,

On vous demande une preuve

Au check-in

  • Dites que vous en avez une mais que vous ne l’avez pas sous la main.
  • À l’heure des smartphones, prétendez soit qu’il est sur une boîte email que vous ne relevez pas sur votre téléphone (celui du boulot par exemple) ou que le votre portable est plat (éteignez-le).
  • Dans tous les cas, ne jamais s’énerver.

À la douane

  • Expliquez poliment que vous êtes un voyageur à long terme. Montrez les tampons de votre passeport et indiquez que vous avez chaque fois respecté les autorisations de séjour. Ca fonctionnera mieux pour les douanes terrestres que aéroportuaires. Personnellement ça n’a pas fonctionné pour entrer au Panama depuis la Colombie mais ça a fonctionné pour un ami lorsqu’il est entré aux Etats-Unis par la frontière terrestre avec le Mexique.
  • Dans tous les cas, ne jamais s’énerver.

Les solutions

La plus évidente: achetez à l’avance votre billet retour ou de continuité.

Certaines compagnies aériennes proposent des vols économiques semi-flexibles qui permettent d’effectuer gratuitement ou en contrepartie d’une petite compensation financière, un changement de date de votre réservation.
C’est le cas notamment de British Airways et d’Air France (sur certaines destinations).
Que les choses soient claires, par gratuitement, on entend sans nouveaux frais de réservation et pour un nouveau billet au même prix que celui que vous aviez initialement acheté, sans quoi il vous faudra payer la différence de prix entre votre ancien et nouveau billet.
Cette solution est souvent utilisée pour les voyageurs à moyen-terme qui savent a priori de quel pays ils vont rentrer mais ne savent pas exactement à quelle date.

Exemple
Vous voulez visiter la Colombie durant quelques semaines voire plus et éventuellement l’Equateur ou le Pérou. Vous ne savez pas exactement combien de temps vous resterez dans ces pays, ni si vous rentrerez après 3, 4 ou 6 mois.
L’autorisation de séjour en Colombie étant généralement de 3 mois, vous achetez avec votre vol aller, un vol retour qui s’effectuera à la limite des trois mois autorisés. Cela vous permettra d’entrer sur le territoire sans souci. Et une fois sur place, vous aurez le loisir de changer votre vol retour à la date qui vous conviendra le mieux.
Ce vol retour sera généralement une preuve suffisante pour pouvoir entrer dans les pays avoisinants, surtout par voie terrestre ou fluviale.

Le faux billet

Parfois, une simple modification d’un ancien e-mail de confirmation de vol avec un logiciel tel que Word, fera l’affaire.
Il suffit de copier-coller les logos et les informations d’une ancienne réservation et de les modifier avec des informations adéquates et les plus réels possibles: départ (le pays dans lequel vous voulez entrer), destination (un pays autre que celui dont vous arrivez), date de départ (endéans l’autorisation de séjour), heure de départ, numéro de vol, etc.
Faites une recherche sur le site d’une compagnie aérienne réservant le pays visiter pour obtenir les informations les plus pertinentes.
D’experience, ça a déjà fonctionné, même avec des agents douaniers mais c’est relativement risqué car il est actuellement très facile de vérifier la véracité d’une réservation de vol.
C’est la raison pour laquelle je vous conseille plutôt une des deux solutions suivantes.

Acheter (temporairement) un billet de continuité

Beaucoup de compagnies aérienne permettent d’annuler l’achat d’un vol gratuitement si l’annulation se fait endéans les 24 heures.
Il vous suffit dès lors d’acheter un vol de continuité quelques heures avant de passer le contrôle douanier et d’ensuite l’annuler lorsque vous avez reçu l’autorisation d’entrer sur le pays.
C’est la solution la moins coûteuse, puisqu’elle est gratuite, mais la fenêtre de manoeuvre n’est pas très grande.
Expedia vous remboursent entièrement votre vol sans frais si vous l’annulez endéans les 24 heures.

Louez un billet de continuité

Certains sites se sont spécialisés dans ce genre de service fort utile pour les voyageurs.
En l’échange d’une petite contribution, vous réserverez un véritable billet d’avion pour 24 ou 48 heures.
Vous recevrez une confirmation en bonne et due forme de votre réservation avec toutes les informations concernant votre vol. Une fois le délai écoulé, le vol sera annulé par l’agence. L’avantage est que vous n’avez pas à avancer le prix du billet d’avion, comme dans la solution précédente.

Best Onward Ticket est une excellente solution que j’ai moi-même testée. Il m’en avait coûté 17$ pour louer un billet durant 48 heures avec la destination de mon choix. C’est 12$ si vous laissez l’agence choisir la destination pour vous.
Le ticket est émis endéans 10 à 120 min durant les heures de bureaux de l’agence: du lundi au dimanche de 06h00 à 23h00 (GMT+7, Cambodge, Vietnam, Laos).