Les premières lueurs du jour caressent mon visage, lentement, tout en douceur, elles me sortent de mon sommeil.

Je me redresse sur mon lit et regarde par la fenêtre: au loin, sur la ligne d’horizon, je perçois quelques stratocumulus qui dominent les collines lointaines dessinant l’anse de la baie de Paraty. Les ténèbres de la nuit s’étaient dissipées pour laisser place à un merveilleux drapé illuminant le ciel d’un dégradé d’orange et de jaune depuis l’endroit où l’astre solaire allait apparaître.

Il est cinq heure trente-trois. Après quelques secondes d’hésitation, je sautai de mon lit, m’habillai et quittai mon dortoir pour descendre les escalier qui me menaient au rez-de-chaussée. Il fallait absolument que j’aille sur la plage pour assister à ce merveilleux spectacle. En sortant de l’auberge, bien que je fis attention à ne pas faire de bruit, le réceptionniste, entièrement blotti dans sa couverture, qui dormait sur le canapé de la réception, ouvra les yeux et regarda dans ma direction. Lorsqu’il me reconnu, il se retourna, s’enveloppa un peu plus dans son cocon et repris le cours de sa nuit qui était sur le point de se terminer. Je traversai la rue, marchai quelques mètres sur la plage puis m’assis face à la mer. Sous mes yeux, je pouvais appréhender le mouvement de rotation de la Terre qui, dans quelques instants, allait faire apparaître le soleil. J’étais sur un immense carrousel qui tournait à tout allure, à près de mille six cent septante kilomètres par heure, le vent puissant soufflait dans mes cheveux, sur mon visage, sur tout mon corps, l’effet centrifuge s’efforçait à me projeter vers le ciel. Il n’en était rien évidemment mais m’imaginer que je puisse ressentir la vitesse de rotation de notre planète me grisait. Avant que le soleil n’apparaisse, je me dirigeai vers le petit port de plaisance pour y prendre quelques photos des anciens bateaux de pécheurs tout bariolés de couleurs et reconvertis en bateaux de plaisance pour touristes. Je poursuivis ma balade jusqu’au centre historique qui, mis à part quelques chiens errants, était complètement vide. J’avais la ville pour moi seul. Le soleil fit son apparition et projeta ses rayons aux couleurs chaudes directement dans les petites rues de la cité. Je ne pouvais pas espérer de meilleures conditions pour prendre des photos. Je m’y donnai donc à coeur joie et passa un long moment à arpenter les petites rues du centre historiques, jusque’à ce que les premiers habitants firent leur apparition.